Rédigé en avril 2023.
Cela fait pas mal de temps que ça me titille d’apporter quelques précisions concernant les chamanes, les pseudos chamanes, les chamanes en un weekend…
J’ai l’impression que c’est un gros phénomène de mode, qu’un certain nombre d’énergéticiens ou non énergéticiens se jettent à corps perdu dans l’achat d’un tambour, font des cérémonies, appellent les esprits… Pour je ne sais quelle raison car beaucoup sont extrêmement compétents dans leur domaine et ils n’ont pas besoin de ça.
Bien sûr on peut tous être amenés à évoluer dans nos pratiques énergétiques, se découvrir de nouvelles appétences, être attirés par tel ou tel univers… Mais tout le monde n’est pas chamane.
C’est comme si on disait que tous ceux qui utilisent des bols tibétains sont des moines bouddhistes ou que quelqu’un qui marche le dimanche est un grand marathonien.
Bon ok je pousse un peu mais quand-même on est pas loin de la vérité…
L’envers de la vie de chamane, c’est d’être tellement ouvert à tout ce qui les entoure qu’ils ne peuvent plus vivre en société, dormir avec quelqu’un ou dans un lit qui n’est pas le leur, manger de la viande, aller au restaurant, faire les magasins, vivre en milieu urbain, faire la fête, sortir…
C’est aussi recevoir des enseignements parfois tellement violents qu’ils doivent rester couchés durant plusieurs jours voire plusieurs semaines, ils sont extrêmement sensibles à tout ce qui les entoure, toutes les fluctuations énergétiques…
En transe, ils se rendent dans des mondes invisibles parfois magiques mais parfois dignes des pires films d’horreur…
La plupart, lorsqu’ils sont destinés à ce chemin, vivent des choses extrêmement difficiles pouvant aller jusqu’à des expériences de mort imminente car pour être chamane il faut renaître physiquement ou à minima émotionnellement. Cela bien sûr n’est pas volontaire. C’est la vie ou l’univers qui se charge de faire vivre ces expériences.
S’en vient ensuite un long processus d’introspection, de découverte de soi, de ses parts lumineuses mais surtout de ses parts d’ombres, de ses peurs, même les plus profondes, de ses croyances limitantes, de ses vies antérieures, les belles et les horribles…
Une vraie mise à nue qui se fait rarement dans la douceur.
Une fois ces étapes de franchies il y a la rencontre avec les esprits, les alliés, les guides… Qui transmettent les enseignements au fur et à mesure des possibilités de la personne.
Je peux vous garantir qu’ils ne font pas toujours dans la dentelle, cela peut vraiment venir bousculer les fondements profonds, les émotions et le corps.
Ceux qui ont survécu à tout cela sans s’écrouler, faire éclater leur famille (et oui le changement bouscule à tous les niveaux), reculer ou finir en hôpital psychiatrique commencent à effleurer les réalités d’un chamane.
S’en vient ensuite l’apprentissage de l’humilité, la sagesse, l’expérience, l’acceptation des responsabilités inhérentes à la fonction et éventuellement un jour la reconnaissance de la part de la communauté pour tout le bien que la personne apporte aux autres. C’est à ce moment-là qu’on peut recevoir le titre de chamane.
Donc on est pas chamane en un weekend, on est pas chamane parce qu’on utilise un tambour, qu’on a un costume ou qu’on se donne un nom qui ressemble à ceux transmis par les peuples premiers.
Bien sûr ce que j’écris n’est pas une vérité, je ne suis pas chamane, je suis juste en cours de processus depuis mars 2019 (voir même avant mais sans en avoir conscience…), je suis un bébé et je peux vous garantir que ce n’est pas facile tous les jours.
Clémence


